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Vision financière
J. L. Freed, mba

 

Le 3 mai 2007

Cher client, Chère cliente

À quel moment doit-on considérer que la fluctuation d’un marché est suffisamment importante pour qu’il faille prendre des mesures immédiates ?  Quand un investisseur doit-il réagir sur-le-champ et effectuer des changements dans ses investissements à long terme ?  Quand un déclin est-il tout simplement excessif ?

Le 27 février 2007, le marché chinois a chuté d’environ 9% en une seule journée, mené par Shanghai.  Wow.  Aurais-je dû me précipiter, appeler mes clients et vendre immédiatement une partie ou la totalité de leur placements chinois et asiatiques pour tenter d’éviter une perte plus importante ? Faire sortir les femmes et les enfants d’abord ? Ne jamais les avoir fait entrer ?

Eh bien après mûre réflexion, étude minutieuse et environ 4 heures à observer anxieusement les marchés sans ciller, je n’ai rien fait du tout.  Ça n’a pas été facile. Il est beaucoup plus aisé à ce stade de passer en mode « Le Ciel nous tombe sur la tête » et de se précipiter pour effectuer un grand nombre de transactions.  Sauvons les meubles !

Cependant il ne faut jamais oublier deux risques importants des marchés.  Nous avons tendance à ne penser qu’au premier : perdre de l’argent.  Nous oublions souvent de tenir compte du deuxième, au moins aussi important : ne pas gagner d’argent.  Transiger dans la panique est le meilleur moyen de perdre sur les deux tableaux.

Voici à quoi ressemblait le marché de Shanghai environ un mois plus tard.  Il s’était déjà mieux que remis d’une journée manifestement très, très mauvaise.

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À la fin avril, il avait encore meilleure allure et affichait une hausse d’environ 26% par rapport à la veille du crash de 9%.

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Avais-je eu raison de ne pas avoir touché à mes investissements ?  Aujourd’hui, il semble que oui, mais les marchés sont imprévisibles ; il est donc extrêmement difficile d’être absolument certain de quoi que ce soit à court terme.  Et c’est pour cette raison que ma philosophie d’investissement reste la même : investir à long terme dans un portefeuille bien diversifié, éviter les réactions réflexes, essayer de prévoir les changements à long terme et s’y préparer par l’évolution, et non pas la révolution, du portefeuille.

De ce point de vue, il est très intéressant d’effectuer une comparaison à court terme puis à long terme entre le marché chinois et le marché canadien. Voici une comparaison sur un an :

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000001.ss = Shanghai Composite                        GSPTSE = Toronto Stock Exchange

Manifestement, au cours de l’année passée, Shanghai a été largement supérieur au Canada.  Devrions-nous tous sauter dans le train avec 100% de nos portefeuilles ?  Jetons d’abord un coup d’œil au long terme.  Voici le graphique de la même comparaison, sur 5 ans.

 

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000001.ss = Shanghai Composite                        GSPTSE = Toronto Stock Exchange

 

L’impression est très différente, c’est le moins que l’on puisse dire.  Le Canada a fait aussi bien sur 5 ans que la Chine, et en s’accompagnant de beaucoup moins d’inquiétude (risque).  Nous devrions peut-être vendre tous nos placements chinois et tout miser sur le Canada ? Non, ça n’a pas vraiment de sens non plus.

Répétez après moi : “investir à long terme dans un portefeuille bien diversifié, éviter les réactions réflexes, essayer de prévoir les changements à long terme et s’y préparer par l’évolution, et non pas la révolution, du portefeuille.”

Cordialement,

 

 

Jean L. Freed

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